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Gastronomie

La rigolette nantaise : histoire et secrets du bonbon de Nantes

La rigolette nantaise, bonbon créé à Nantes en 1902 par Charles Bohu : son histoire, sa coque de sucre au cœur de fruits, et où l'acheter.

Nine Crozet, journaliste tourisme Loire-Atlantique
Par Nine Crozet Publié le 19 juin 2026 · 7 min de lecture
Rigolettes nantaises : bonbons fruités à coque de sucre brillant dans une boîte
En bref La rigolette nantaise est un bonbon créé à Nantes en 1902 par le confiseur Charles Bohu. Sa fine coque de sucre tiré, lisse et brillante, renferme un cœur fondant de confiture de fruits. On la déguste encore aujourd’hui à Nantes, rue de Verdun.

Il y a des douceurs qui racontent une ville mieux qu’un guide touristique. À Nantes, la rigolette en fait partie. Ce petit bonbon brillant, vendu en sachet ou en coffret rue de Verdun, traverse le XXe siècle sans avoir pris une ride. On le croque, la coque cède, et le cœur de fruit arrive. Tout est là, dans ce contraste.

Qu’est-ce que la rigolette nantaise ?

La rigolette est une confiserie nantaise reconnaissable à sa coque de sucre lisse et nacrée, garnie d’un cœur moelleux de confiture de fruits. C’est un bonbon plus tendre que le berlingot, l’autre grande spécialité sucrée de la ville : là où le berlingot reste dur et anguleux, la rigolette joue sur deux textures, le craquant de l’enveloppe et le fondant acidulé du centre.

Les parfums d’origine étaient au nombre de cinq, tous fruités : citron, mandarine, framboise, ananas et cassis. La gamme a un peu bougé au fil des décennies, mais l’idée reste la même depuis plus d’un siècle : une coque de sucre, un cœur de fruit, rien de superflu.

Ce qui frappe, quand on en goûte une pour la première fois, c’est l’équilibre. Le sucre de la coque pourrait vite lasser ; le cœur de fruit, lui, apporte une acidité qui remet tout d’aplomb. Cette tension entre le doux et l’acidulé explique sans doute pourquoi la rigolette n’a jamais quitté le paysage gourmand nantais, là où tant de bonbons régionaux ont fini par tomber dans l’oubli.

Une création nantaise du début du XXe siècle

La rigolette naît en 1902, dans la boutique de Charles Bohu, épicier-confiseur installé au 26 rue de la Marne, à Nantes. À l’époque, le berlingot nantais règne sur la confiserie locale. Bohu cherche autre chose : un bonbon plus souple, plus gourmand, qui surprendrait le palais.

Le nom, lui, a une petite histoire qui amuse toujours. Bohu baptise sa création « rigolette » en hommage à sa chatte, elle-même nommée d’après Rigoletto, le bouffon de l’opéra de Verdi. Une confiserie qui doit son nom à un personnage d’opéra par chatte interposée : difficile de faire plus nantais dans l’esprit.

Le succès est tel qu’en 1930, la boutique se transforme en véritable confiserie de luxe. Sa façade en mosaïque bleue et or, signée Isidore Odorico, le grand mosaïste de l’époque, est aujourd’hui considérée comme un élément du patrimoine nantais à part entière. Le bonbon a fait vivre un commerce ; le commerce a laissé une trace dans la ville.

Comment elle est faite : la coque et le fruit

La fabrication de la rigolette repose sur un geste de confiseur ancien, celui du sucre tiré. Le sucre est d’abord cuit, puis travaillé et étiré à la main jusqu’à devenir cette fine pellicule lisse et brillante qui forme la coque. C’est ce tirage qui donne au bonbon son aspect satiné, presque nacré.

La coque est ensuite garnie d’un cœur fruité : confiture, marmelade ou pâte de fruits, préparé à partir de pulpe de fruits. Le résultat tient en une bouchée. La coque cède sous la dent, le cœur acidulé se libère. C’est ce dialogue entre le croquant et le fondant qui distingue la rigolette de tous les bonbons durs classiques.

La production reste artisanale et exige de la précision : une coque trop épaisse perd en finesse, une garniture mal dosée et l’équilibre s’effondre. C’est un savoir-faire qui ne s’improvise pas, transmis de confiseur en confiseur depuis 1902.

Cette exigence a un prix : la rigolette se fabrique en petites quantités, à la main, loin des chaînes industrielles. C’est aussi ce qui fait sa valeur. Quand on repart avec un sachet rue de Verdun, on ne paie pas seulement un bonbon, mais un geste de confiseur qui a survécu à plus d’un siècle de mécanisation.

La Maison des Rigolettes Nantaises

La confiserie historique associée au bonbon existe toujours, sous le nom « Les Rigolettes Nantaises ». Après quelques périodes de fermeture et de relance, la maison a rouvert rue de Verdun, à deux pas de la place Graslin, et revendique la fabrication des véritables rigolettes selon la recette d’origine.

Le Voyage à Nantes la référence comme « confiserie fine depuis 1902 », au 18 rue de Verdun, 44000 Nantes. C’est l’adresse de référence pour qui veut goûter la rigolette authentique, vendue à l’unité comme en coffret. La boutique perpétue les gestes traditionnels, là où d’autres confiseries proposent au mieux des dérivés.

Pousser la porte de cette confiserie, c’est un peu remonter le temps. Les coffrets alignés, les bonbons brillants derrière la vitrine, l’odeur de sucre : tout rappelle qu’on est dans une maison qui vend la même douceur depuis l’époque de Charles Bohu. Pour un visiteur de passage comme pour un Nantais, c’est une étape gourmande qui en dit long sur l’attachement de la ville à ses spécialités.

Où acheter des rigolettes nantaises ?

Le plus simple, et le plus sûr, reste de se rendre directement à la boutique Les Rigolettes Nantaises, 18 rue de Verdun, près de la place Graslin. On y trouve les bonbons à l’unité, en sachet ou en coffret cadeau, dans l’esprit confiserie d’antan.

Pour ceux qui ne passent pas par Nantes, la maison propose aussi une boutique en ligne officielle, avec livraison en France. C’est l’option à privilégier pour être certain d’acheter de vraies rigolettes et non une imitation : la marque insiste sur le fait que l’authentique rigolette nantaise provient de cette confiserie.

On croise parfois des rigolettes ou des spécialités nantaises dérivées dans d’autres boutiques de produits régionaux, mais pour la recette d’origine, c’est bien rue de Verdun que ça se joue.

Foire aux questions

Qui a inventé la rigolette nantaise ?
La rigolette a été créée en 1902 par Charles Bohu, épicier-confiseur installé au 26 rue de la Marne à Nantes. Il cherchait un bonbon plus tendre que le berlingot, alors star de la confiserie locale.

D’où vient le nom « rigolette » ?
Charles Bohu a baptisé sa confiserie d’après sa chatte, prénommée Rigolette en référence à Rigoletto, le bouffon de l’opéra de Verdi.

Quels sont les parfums de la rigolette ?
Les parfums historiques sont au nombre de cinq, tous fruités : citron, mandarine, framboise, ananas et cassis. La gamme actuelle peut proposer quelques variations autour des agrumes et des fruits rouges.

Où acheter de vraies rigolettes nantaises ?
À la boutique Les Rigolettes Nantaises, 18 rue de Verdun à Nantes, ou via leur boutique en ligne officielle avec livraison en France. C’est la maison qui détient la recette d’origine.

La rigolette, c’est un peu Nantes en miniature : discrète, un brin fière de son patrimoine, et bien plus savoureuse qu’on ne l’imagine au premier coup d’œil. Si vous explorez la gastronomie nantaise, elle mérite une place entre le gâteau nantais au rhum et le beurre blanc. Et pour rester dans le sucré, le caramel au beurre salé n’est jamais bien loin.

Dans la même vitrine gourmande : le Petit-Beurre LU et le berlingot nantais.

Nine Crozet, journaliste tourisme Loire-Atlantique

Par Nine Crozet

Nine Crozet est journaliste spécialisée dans le tourisme et le terroir. Elle sillonne la Loire-Atlantique depuis plus de dix ans : marchés de producteurs, vignobles du Muscadet, balades en bord de Loire et tables nantaises. Elle déniche les bonnes adresses loin des sentiers battus et teste elle-même hébergements, recettes et itinéraires avant d'en parler. Son objectif : donner des conseils concrets et vérifiés pour découvrir la région autrement, au rythme des saisons et des rencontres.

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